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  • Michel-Marie Barakat

Pardonner

« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ?"


C’est une très bonne question de l’apôtre Pierre : combien de fois faut-il pardonner ?

Mais c’est la question qui trahi l’erreur car il s’agit d’un pardon quantitatif.

Non pas qu’il faille l’opposer à un pardon qualitatif auquel inviterait Jésus, c’est plutôt son aspect limitatif qui est remis en cause. Comme s’il y avait un moment où il serait possible de ne plus pardonner. Comme s’il y avait un nombre d’erreurs qui une fois dépassé le pardon pouvait ne plus être accordé.

Mais même si Jésus parle ici du pardon, sa remarque englobe en réalité toutes nos attitudes spirituelles : quand c’est l’heure de la prière, nous nous demandons combien de temps nous lui accorderons, Quand c’est le temps du jeûne, nous nous inquiétons de savoir la quantité de nourriture que nous retrancherons. Quand nous voulons faire l’aumône, nous nous interrogeons de savoir quel montant nous donnerons.

Si notre pardon est quantitatif, c’est que notre prière, notre jeûne, nos aumônes sont quantitatifs et donc limités.

Pour passer du limité à l’illimité, il ne s’agit pas de rajouter beaucoup, il est même possible de ne rien rajouter en quantité. Il suffirait en réalité de tout donner, de tout pardonner, de tout le temps prier.

Ce que Jésus rejette ce sont nos intermittences : comme si notre bonté était un devoir et non une qualité, comme si notre prière était une tâche et non une attitude, comme si notre jeûne était une œuvre et non une posture.

Le pardon, la prière, le jeûne, l’aumône, ne sont pas des activités ce sont des qualités.

Jésus veut que nous arrêtions de pardonner pour devenir pardon

Il veut que nous cessions de prier pour devenir prière

Il veut que nous suspendions le jeûne pour devenir sobriété.

Nous sommes appelés à transformer notre être et non à être des exécutants.

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