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  • Michel-Marie Barakat

Joie dans le ciel

“Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit” (Lc 15,10)

C’est étonnant de savoir que les anges se réjouissent pour des pécheurs convertis alors que beaucoup de chrétiens n’attendent que leur punition.

Combien de très fidèles croyants se réchauffent à l’idée d’être à l’abris alors qu’un déluge se prépare pour les pécheurs.

Plus ils se considèrent fidèles, plus ils cultivent une sorte d’intransigeance qui en réalité traduit une double ignorance : ignorance de Dieu et ignorance d’eux-mêmes.

Ne sont-ils pas dans l'erreur, parce qu’ils ne comprennent ni les Écritures, ni la puissance de Dieu ? (cf. Lc 12,24)

Alors que ces soi-disant fidèles, espèrent la manifestation de cette puissance par un feu destructeur (cf. Lc 9,54), Dieu, lui, en donne la preuve suprême lorsqu’il patiente et prend pitié (cf. prière d'ouverture du 26ème dimanche du TO)

Mais comment se réjouir de l’acquittement de celui qui nous a fait souffrir ? La vengeance n’est-elle pas l’ultime remède à la blessure qui nous a été infligée ?

Non. Le cœur guérit bien plus par la conversion de celui qui nous a blessé que par sa destruction.

Mais pour cela il faut que le cœur soit paternel.

« Mon fils Absalom ! Mon fils, mon fils Absalom ! Que ne suis-je mort à ta place » (2 Sm 18,33) pleure David son fils « ennemi ». Seule la paternité fait habiter dans les cœurs de tels sentiments.

Tout chrétien qui menace, qui accuse, qui se réjouis de son propre salut et se délecte de la supposée destruction des pécheurs, confesse par la même sa totale méconnaissance des sentiments paternels.

Que dire si ce chrétien se fait en plus appelé « père ».

« Je tombe à genoux devant le Père, de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom » (Eh 3,14). Oui vraiment, la paternité de Dieu nous fait tomber à genoux. Elle nous fait adorer sa bonté, sa miséricorde, son infinie patience… joie quand ses fils-ennemis retournent à lui.

Le ciel n’est rien d’autre que la fête du retour du fils prodigue, fête insupportable à celui qui toute sa vie s’est considéré comme juste.


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