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  • Michel-Marie Barakat

Il le prit et il le mangea

"Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux." (Lc 24, 42-43)



Si la résurrection consistait à passer à une sorte de vie spirituelle après la mort. Si Jésus était apparu à la Madeleine, à Pierre et aux autres comme un être éthérique traversant des portes fermées à clé, flottant dans l'air et parlant la bouche fermée, on y aurait cru.

Mais Jésus ressuscité mange du poisson, de plus grillé !

De toutes les merveilles accomplies durant sa vie, Jésus en accomplis encore de plus grande après sa mort. La résurrection de Lazare même perd de son éclat devant la splendeur de ce repas pascal.

Car, alors même que nous voudrions bien croire à une vie après la mort, nous refusons obstinément que cette vie soit corporelle.

Que nos idées survivent, que notre esprit transcende, que notre mémoire subsiste, soit ! Mais le corps lui doit mourir.

Jésus pourtant ne promet pas la résurrection comme une âme philosophique pourrait éventuellement le concevoir. Non, le saut que nous devons accomplir pour entrer dans la foi dépasse largement les capacités de notre raison.

Ce mode résurrectionnel nous heurte non pas car il serait irrationnel mais parce qu'il met à bat toutes les divisions antiques que nous voudrions à tout prix conserver : matière contre esprit, âme contre corps, ciel contre terre …

Seule la résurrection de la chair permet de ne plus séparer ce que la mort a voulu depuis toujours diviser.

Car la mort est division et la vie est union. Union perpétuelle de tout ce que la mort a divisé. "Il n'y a ni Juif, ni Grec ; il n'y a ni esclave, ni homme libre ; il n'y a ni male, ni femelle : car vous tous, vous êtes un dans le Christ Jésus" (Ga 3,28)

Oui, notre incapacité fondamentale n'est pas de croire en une vie corporelle après la mort, mais de concevoir un monde parfaitement unifié. Une unité tellement profonde où ne subsiste aucune faille, aucune brèche, aucune division, ni en nous ni autour de nous.

C'est devant la grandeur de cette parfaite union que notre esprit échoue.

Jésus n'est pas mort pour diviser, ça la mort sait bien le faire. Non, Jésus est mort pour tout unifier. Pour nous procurer la paix que seule l'unité peut donner.

Seul un être unifié est pacifié.

Nous ne crierons plus avec Saint Paul "qui me délivrera de ce corps de mort ?" (Rm 7,24) car Jésus n'est pas venu nous délivrer de notre corps mais pour nous délivrer dans notre corps.


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