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  • Michel-Marie Barakat

Ennemis!

Comme si Jésus ne savait pas que nous avons déjà du mal à aimer ceux qui nous aiment. Comme s’il ne savait pas que nous avons déjà du mal à nous aimer nous-mêmes.

Nous nous sommes tous extasiés devant la beauté de cette phrase et nous nous sommes tous épouvantés devant la réalité de notre cœur.

Comment Jésus peut-il demander à l’Homme quelque chose d’aussi cruel ?

Car oui c’est cruel !

Cette exhortation nous met en permanence devant un idéal, peut-être celui le plus en contradiction avec notre réel.

Cette phrase montre l’abime qui peut exister entre ce que nous devons être et ce que nous sommes.

Alors que faire ? changer l’idéal ou cacher le réel ?

Beaucoup, beaucoup ont choisi une de ces deux options.

Les premiers ont quitté l’évangile car en contradiction permanente avec ce qu’ils vivent. Des milliers, des millions de baptisés se sont déclarés athées car c’était trop beau pour être vrai, trop haut pour être réalisé. Si dans ma vie je ne peux vivre l’évangile, c’est que l’évangile est nécessairement inventé. Si dans ma vie je ne peux vivre l’idéal alors autant faire du réel mon propre idéal.

Les seconds sont restés, ils ont pensé qu’il suffit de cacher. Des milliers, des millions de baptisés ont persévéré, fidèles en apparence et infidèles dans le secret. Si dans ma vie je ne peux vivre l’évangile, autant ne pas le dire. Si dans ma vie je ne peux vivre l’idéal, autant cacher le réel.

Mais la voie du salut est étroite et ils sont peu nombreux à la trouver (cf. Mt 7,13-14).

Car pour être sauvé, il faut passer par une porte étroite, celle de la vérité.

Non pas la vérité des dogmes, mais celle de ma propre réalité : je suis incapable d’aimer. Tout aussi incapable que mon ennemi qui n’a pas su m’aimer.

Je ne suis pas plus fidèle que celui qui m’a été infidèle.

Je ne peux prétendre être aimé quand j’ai compris que je suis le premier à ne pas aimer.

L’amour des ennemis commence quand on a arrêté de prétendre. Quand on a compris que tous, moi le premier, on s’est trompé.

Le premier pas pour aller vers l’idéal est de ne plus cacher le réel.

Avant de transformer le réel en idéal il faut que l’idéal humilie le réel.

Alors commence la marche vers le ciel, d’un peuple de terriens.

Alors commence l’œuvre de la grâce dans ceux qui par eux-mêmes ne sont rien.


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