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  • Michel-Marie Barakat

En son nom

En mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien (cf Mc 16, 15-20)

Cette liste impressionnante d'actions ne trouve son sens que dans les trois petits mots qui l'introduise : "En mon nom"

En lisant ce verset pourtant, certains, le prenant au pied de la lettre, commencent à invoquer le nom de Jésus comme un mantra, comme une formule magique avec des pouvoirs miraculeux. Ceux-là même qui diront un jour : "Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n'avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ?" (Mt 7,22) et Jésus de leur répondre étrangement : "Je ne vous ai jamais connus" (Mt 7,23).

Car expulser des démons par le nom de Jésus, prendre des serpents par les mains, boire du poison mortel, c'est surtout le faire par son Esprit. Oui, il ne peut y avoir de différence entre le nom de Jésus et son Esprit. Seul l'Esprit Saint permet de vivre cette intimité avec Jésus au point d'accomplir ces gestes spectaculaires.

Voilà, le mot est lâché : spectacle.

C'est en effet ce qui attire beaucoup à Jésus. Tous ces hérodiens des temps modernes qui veulent voir Jésus dans l'espérance de le voir faire quelques miracles (cf. Lc 23,8), tous ceux qui accourent par milliers dans des stades de sport pour profiter de son pouvoir miraculeux.

Mais aussi, tous ces pharisiens des temps modernes, les spécialistes des gestes répétitifs, qui invoquent le nom de Jésus de la même manière que leurs ancêtres, ceux-là qui s'attachent scrupuleusement aux gestes, aux paroles prononcées méthodiquement pour obtenir la grâce sanctifiante.

Très différents en apparence, très proches dans la substance : des spécialistes du spectacle, avides de la louange des spectateurs, descendants spirituels de ceux qui aimaient à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques ; qui recherchaient les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins (Lc 20,46)

Or rien ne nous éloigne plus de l'Esprit de Dieu, que l'esprit du spectacle.

C'est Lui-même qui nous le dit : "Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer" (Mt 6,1) ;

C'est Lui-même qui nous l'explique : "ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle" (Mt 6,2) ;

Non vraiment ce n'est pas le péché qui nous éloigne de Dieu mais l'amour de se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes. Car le péché peut faire fleurir une profonde humilité, mais même la vertu n'éteint pas l'orgueil de celui qui veut être exalté, loué, applaudi.

Avoir l'esprit de Jésus, c'est avant tout vivre dans l'humilité, alors quand se manifestent la puissance de son nom prononcé par notre bouche, on s'incline profondément et on dit : Gloire soit au Père, au Fils et au Saint-Esprit.


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