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  • Michel-Marie Barakat

Dieu donne sans mesure

car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure (Jn 3,34)

C'est le propre de Dieu de donner sans compter, une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante (Lc 6,36)

L'abondance est le signe par excellence de la présence de Dieu dans notre vie : des greniers remplis, débordants de fruits de toute espèce, des brebis, des milliers, des myriades, parmi les campagnes (cf Ps 144,13) une foule qui se nourrit avec quelques pains, des filets qui risquent de se rompre à cause de l'abondance du poissons (cf Lc 5,6)…

L'abondance ! Une comme celle au Liban à l'éveil de son fruit, une profusion de froment sur la terre, sur le sommet des montagnes (cf Ps 72,16)

Dieu n'a pas créé le désert, il a créé le paradis avec toutes sortes d’arbres portant des fruits d’aspect agréable et délicieux (Gn 2,9).

Rien ne peut limiter les dons de Dieu, rien ! si ce n'est notre capacité à recevoir.

Oui, plus on se fait capacité, plus il se fait torrent.

Nous recevons peu, car nous laissons peu de place à cette abondance.

Ce qui fait cruellement défaut, c'est notre capacité à recevoir, à recevoir gratuitement. Dès que Dieu nous donne quelque chose, nous l'attribuons systématiquement à nos talents. Nous sommes devenus des champions dans l'art de créer des associations.

Or rien n'empêche les dons de Dieu plus que cette logique de la rétribution. Il donne cinq talents à l'un, deux à l'autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité (Mt 25,15), sa capacité à recevoir gratuitement.

Là où l'abondance produit l'orgueil chez celui qui est de la terre et qui est terrestre (cf Jn 3,31), elle fait éclore la louange et l'action de grâce chez celui qui vient du ciel et qui est au-dessus de tous (cf Jn 3,32).

Ce n'est pas la richesse qui est le problème, mais l'attribution de la richesse aux mérites personnels, cette appropriation des dons de Dieu, ce vol de la gloire qui revient à Dieu seul.

La conversion la plus difficile est celle de passer du tarifé au gratuit. D'avoir Dieu comme père et non comme juge. Nous attendons la punition plus que la miséricorde, nous attendons la récompense plus que le don gratuit.

Se faire capacité, c'est devenir capable d'être fils. Un fils qui sait au plus profond de son âme qu'il est toujours avec le père, et tout ce qui est au Père est à lui (cf. Lc 15,31).

Alors, oui, ce fils et seul le fils, recevra le don de l'Esprit sans mesure (Jn 3,34)


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