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  • Michel-Marie Barakat

D'où lui vient donc tout cela?

Question légitime !

Les auditeurs de Jésus ont fait le tour de la question, ils ont fait l’inventaire des ascendants et des collatéraux et ils n’ont trouvé rien qui puisse expliquer raisonnablement ses gestes et ses paroles.

L’enquête cependant se révèle éclairante. Oui dans le sang de Jésus coule quelque chose qui ne vient ni de son père, ni de sa mère. Ses paroles disent des choses qu’il n’a entendu de personne sur terre. Sa tête raisonne suivant une logique qu’on n’enseigne pas dans les écoles.

Alors, oui vraiment d’où lui vient tout cela ?

Ces choses viennent à Lui de ce qui ne dépend pas de Lui.

Ces paroles et gestes de Jésus qui sortent de l’ordinaire n’ont pas été acquises d’une manière ordinaire.

En réalité elles n’ont pas été acquises du tout.

Si ces nazaréens pouvaient au moins comprendre le processus qui a amené Jésus à avoir tous ces charismes, ils seraient un peu moins choqués. Mais le problème est que, de processus, il n’y en a pas ! Il ne s’agit pas de beaucoup lire pour acquérir la Sagesse, il ne s’agit pas de beaucoup s’entrainer pour accomplir des miracles.

Nous sommes dans une logique toute différente de ce que nous connaissons et c’est cette logique qui nous heurte bien plus que les paroles et miracles.

Pour comprendre Jésus, il nous faut abandonner la logique de la conquête pour entrer dans celle de l’accueil. Nul don de Dieu ne peut être gagné, il est nécessairement donné. Nul don de Dieu ne peut être transmis, Il est forcément reçu, reçu à chaque nouvelle génération.

Et pour nous, qui voulons gagner, accumuler, transmettre, nous trouvons tout cela absurde. Les dons de Dieu ne peuvent être ni gagnés, ni accumulés, ni transmis !

La méritocratie s’effondre devant nos yeux, elle qu’on pensait responsable de toutes nos victoires.

Mais son effondrement logique, n’entraine pas un effondrement pratique. L’Eglise est encore pleine de chrétiens qui veulent gagner le paradis, être punis pour leurs péchés, applaudis pour leurs vertus, félicités pour leurs charismes, fiers de leurs bonnes œuvres.

C’est une des conversions les plus difficiles à vivre : passer du tarifé au gratuit.

Oui vraiment « qui est-ce qui te distingue ? Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? Et si tu l'as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l'avais pas reçu ? » (1Co 4,7). Il est difficile de renoncer à être distingué et à être glorifié.


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